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VUE DE LA BAS

VUE DE LA BAS

4/26/2005

EPIDODE 5: Et si l’aventure devait quand même se terminer…

Classé dans: 2:40 pm

En sortant de l’agence de voyage, on se dit qu’on est peut être dans l’aventure qu’on attendait tous…enfin, pas vraiment. Et oui, il nous restait tous assez d’argent pour une nuit d’hôtel, donc pas de quoi s’inquiéter et surtout pas de quoi dramatiser.
Les hôtels auraient pu être hors de prix, voire même complets, mais non, notre bonne étoile -que dis-je notre voie céleste- a pense a tout et nous nous retrouvons dans un hôtel situe a 2minutes de la plage avec sauna et tout et tout, pour le prix d’une bouchée de chachlik. Peut-on décemment parler d’aventure dans ces conditions…?

Levés pratiquement au milieu de la nuit( 9heures, quelle horreur), nous voici a 10h du mat le lendemain en route vers le bankomat promis. Tout se déroule mieux que la veille, et c’est un peu avec regrets je dois dire que nous avons pu acheter nos billets…plus d’excuse pour prolonger nos séances de bronzage ..sniff.
Il nous reste quand même cette dernière journée ou nous avons tellement abuse de la plage que je me vois affublée du surnom d’écrevisse pour le reste du séjour. Cela dit l’irlandais m ‘a quand même battue aux jeu des plus beaux coups de soleil…
Certains ont tente la baignade (quel courage…mais quelle classe aussi de pouvoir dire “je me suis baignée dans la Mer Noire” ), perso je me suis laisse tentée par la petite buvette du coin de la plage et ses vins locaux. Ne sachant que choisir devant tous ces petits tonneaux de Villageoise Caucasienne, notre californien (adepte invétéré des piquettes locales parce que le verre ne coûte que 20roubles -50centimes d’euros-) commence son numéro de charme avec la petite vendeuse :
“Oh, la la, on se que choisir, quel est votre vin préféré a vous?
_ le Chardonnay
_ Bon, donnez nous alors trois verres de Chardonnay s’il vous plait…
_ Oh, mais on n’en vend pas ici !
_ Ah bon, alors quel est votre préfère parmi ceux que vous vendez ici?
_ La, je sais pas, ceux-la je ne les bois jamais…

Autant vous dire que pour être de la piquette, c’étais de la piquette avec un P majuscule ! Mais bon, on ne peut pas laisser passer l’heure de l’apéro comme ça et puis, si on veut voyager il faut bien se fondre dans la culture locale!

Le retour fut aussi teinte de cette “culture locale” puisque non contents de voyager avec les lignes du coin, on a pris un avion qui ressemblait plus un jet prive qu’a un boeing. Nous étions bien 30 personnes comme notre amie la fonctionnaire nous l’avait dit, pas un siège de plus et pas de soute a bagage non plus!

Le retour a Moscou ne fut pas si terrible puisque le printemps avait (enfin) commence depuis la veille. Le soleil est la, les bourgeons apparaissent mais personne n’est dupe et tout le monde reste perplexe devant nos mines rougeaudes : “Ce n’est pas a Moscou que vous avez ‘rougi’ comme ça ! Vous étiez ou ?"…

Il ne me reste plus qu’a faire une lessive, feuilleter le lonely planet, et partir “rougir” autre part pour ce long week-end qui s’annonce….

Je vous embrasse tous très fort en espérant que vous passez, vous aussi ,de très bons week-end avec tous ces ponts du mois de mai.

EPISODE 4 : Ne plus pouvoir en partir.

Classé dans: 2:40 pm

Arrives a Anapa, notre premier soucis fut donc de trouver une agence de voyage. A 18h, nous parlementions déjà avec une aimable fonctionnaire comme la Russie en regorge. Et la sentence fut lourde : pas d’avion pour Moscou lundi. Pas de cris , pas de larmes, tant pis on serait de retour mardi, il est ou le problème?
Le problème c’est qu’en Russie, que l’on soit a Moscou ou a Anapa, on peut rarement payer en carte de crédit. Et évidemment personne n’avait assez d’argent pour payer cash. L’agence fermait 30 minutes plus tard, et notre amie la fonctionnaire nous a bien fait comprendre qu’elle ne nous attendrait pas pour rentrer chez elle.
La course au “bankomat” (distributeur) pouvait donc commencer. Il faut savoir que si Moscou commence a être très bien équipée en distributeurs, il n’est pas de même pour les villes des rives de la Mer Noire. Et quand on demande a un charmant milicien occupe a parfaire son bronzage sur le bord de la rue ou se trouve le plus proche bankomat, nous obtenons comme réponse : “D’ou venez vous?". Apres avoir lever les yeux au ciel en entendant nos pays d’origine , il continue en riant : “Vous savez, notre pays n’est aussi pas développé que les vôtres, ici nous vivons mille ans en arrière par rapport a vous…La-bas, il y a une banque mais je sais pas si il y aura un distributeur…”
Finalement, des jeunes femmes se sont montrées moins sarcastiques et nous ont indique quelques rues et patés de maisons plus loin, l’endroit on l’on pourrait trouver de quoi acheter nos billets d’avion. Tous haletants après un petit jogging dans les rues d’ Anapa (le temps nous était compte), nous sommes arrives devant le distributeur comme devant la terre promise. Mais ca aurait ete trop facile et pas assez aventureux si ce bankomat avait accepté nos cartes…qu’elles soient françaises, américaines, irlandaises, visa ou mastercard, il les a toutes refusées!!!!!

C’est toujours en courant que nous sommes retournes a l’agence de voyage, en espérant que notre fonctionnaire favorite ait un peu de compassion et nous réserve au moins les billets jusqu’a demain, le temps de faire une autre partie de “la chasse au bankomat". Mais il était 7 heures moins 2, et deux minutes ce n’est pas assez pour ranger ses petits crayons et répondre a nos questions. Elle a juste le temps de nous mettre l’eau a la bouche en nous disant “Vous n’êtes pas allés au bon distributeur, il faut aller a celui de la Sbirbank” et clac, elle ferme son store! C’était trop lui demander de nous dire ou était située cette fichue Sbirbank….
Et nous voila, toujours sac au dos, dans les rues d’Anapa en repensant aux paroles de cette fonctionnaire, surtout celles-ci “c’est un avion de 30 personnes, et il reste peu de places pour mardi matin"…

Et notre californien de conclure par une phrase très poétique ” We are fucked, but we are all fucked together", l’équivalent de notre “paumes mais groupes", sans doute…

EPISODE 3 : Ne plus vouloir en partir…

Classé dans: 2:40 pm

Apres ce mémorable après-midi en montagne et la délicieuse soirée passe en terrasse qui s’en est suivie sur la grande place de Gelendjik ( boule a facettes dans les arbres et chansons pop russes ,comme eux seuls en eux le secret, a fond les ballons) , et bien le réveil de dimanche matin fut difficile puisque qu’il signifiait DEPART.
Le temps d’essayer de rendre l’appartement dans l’état dans lequel nous l’avions trouve en arrivant et de faire nos sacs, nous étions de retour a la case départ : la gare de Novorossisk.
Déjà, des dissidents avaient pas leur apparition au sein du groupe. Avant même de savoir si il y avait encore des places pour Moscou, ils avaient pris le parti de rester quelques jours de plus et de pousser l’aventure jusqu’aux montagnes du Caucase a Dombay.

Perso, j’avais envie de reprendre le train comme de me pendre. Nous savions tous très bien que repartir serait dur, c’était peut être pour cela que inconsciemment nous n’avions pas pris de billets retour. Et la chance fut de notre cote : Il n’y avait plus de place dans le train de Moscou du soir, ou alors a des prix exorbitants et en plus dans des compartiments (baaahhhh…)
Convaincre les gens qui voulaient aller en cours lundi ne prit pas plus de 5 minutes. D’un commun accord, l’idée de rentrer lundi en avion pour gagner une journée de plus fut acceptée sans aucune cellule de crise.
Et il se trouve en plus que la petite ville d’Anapa, a 45km de la, au bord de la mer est dotée d’un aéroport…bon, c’est sûrement pas Orly, et ce sera sûrement des compagnies intérieures et alors?
Nous voici donc repartis, sac au dos, vers une autre station balnéaire de cette Riviera russe…mais en arrivant sur place, on a réalise qu’on avait peut-être abuse en voulant prolonger l’aventure.

EPISODE 2: Y rester…

Classé dans: 2:39 pm

Fraîchement débarqués a 7heures du matin dans la gare de Novorossisk, nous voici face a notre premier problème de groupe : ou aller? Les rives de la Mer Noire ne débordent pas de stations balnéaires et la plus connue, Sochi, est encore a 9 heures de bus…Il ne nous aura pas fallu beaucoup de négociations franco-anglophones pour conclure qu’il était hors de question de passer cette première journée ensoleillée (waouh, ça fait presque bizarre d’être ébloui par les rayons du soleil ) dans un bus…
Nous n’étions pas assis sur nos sacs devant la gare depuis plus de 5 minutes que les chauffeurs de taxi nous sautaient déjà dessus pour nous emmener “on voulait pour pas cher". Sept mois passes en Russie nous aurons appris a nous habituer au harcèlement de ces chauffeurs de taxi, mais aussi a savoir qu’ils sont tjs au courant des bons plans pour se loger…
D’habitude les voyageurs sont pris d’assaut sur le quai par des babouchkas qui cherchent a louer des chambres ou des appartements. Ici rien de tout ça …ce qui nous laisse un peu dubitatifs: “Sommes nous encore en Russie? Pas de babouchkas et du soleil.. huhumm c’est suspect…”
Quelques parlementations plus loin avec un chauffeur, nos doutes se révèlent infondés :nous sommes tjs en Russie puisque son système D est tjs d’actualité. En effet, il se trouve qu’un des chauffeurs connaît une femme ( sans doute la belle-soeur de sa cousine par alliance ) qui loue des appartements dans la ville qui se prépare a devenir “la Nouvelle Sochi". Il se plait a nous vanter les mérites de cette petite station balnéaire qui selon lui est évidemment la plus agréable de la “Riviera Russe". Apres les négociations d’usage sur le prix du transport et du logement, nous voici donc embarques pour Gelendjik. On aurait pu aller n’importe ou, rien que d’être la aveugles par le soleil, nous étions déjà combles.

S’en sont suivi un petit dej’ au bord de l’eau, les premiers trempages de pieds dans cette Mer Noire, des séances de bronzages, des glaces sur le ponteau…bref que du bonheur!!!!
Il faut dire que la municipalité de Gelendjik met le paquet pour faire de sa bourgade la nouvelle Sochi du XXIme siècle. Honnêtement, elle n’a rien a envier a notre Argelès-sur-Mer : même végétation, mêmes plages (ok, en galets), mêmes promenades, musique et odeurs de chachliks (brochettes) en plus!

La journée du lendemain fut un peu plus “originale” et ce grâce aux conseils de notre propriétaire qui nous a vivement recommande d’aller voir les chutes d’eau a quelques km de la. Jusque la, tout paraissait enchanteur: un guide rien que pour nous, la montagne, des chutes d’eau…franchement ca se refusait pas!
Et la, tout s’enchaîne!
Tout a commence dans la voiture qui nous a emmené sur les lieux."Le beau-père de la demi-soeur ” du propriétaire s’est étonné de voir que nous n’étions pas encore mariées a un russe alors que nous habitions depuis 7 mois a Moscou. Et il lui en a peu fallu pour se proposer bien gentiment de venir ce soir dans notre appartement avec des amis a lui, pour boire quelques vodkas et nous présenter a des gars du pays, les bons, les vrais…Il fut difficile de s’extraire de sa voiture sans lui laisser une heure de rendez- vous,mais déjà cette expédition dans les montagnes sentait quelques peu le roussi!
Nous nous sommes ruées sur notre guide qui avec sa bonne bouille de Robin Williams semblait un peu moins atteint…Mais que nenni, que nenni puisque c’est alors que lui a commence a nous déblatérer des histoires d’Atlantide, d’incantations bouddhistes, de langage sanscrit, de dolmens et de petites pierres dans lesquelles on pouvait lire l’avenir. Il nous a fait bouffer des fleurs en argumentant que celle-ci était bonne pour la circulation du sang, que telle autre présageait le bonheur en amour…et patati patata…Ensuite, vient le moment de sauter au fond d’un trou de pierres pour s’y asseoir en position de méditation et se recueillir sur sa vie. Il parait qu’en sortant de ce trou, si on se photographie, une lumière blanche apparaît sur la photo…huhumm, tout ça a des relans de l’émission “Mystère"…
Il nous vantait les mérites de cet endroit en nous disant qu’ici les gens vivent en accord avec la nature, croient a des forces suprêmes…bla-bla blablabla…et vous savez sur quoi on débouche? Des stands de souvenirs accoles a une baraque a frites!!!!
Un mec sorti tout droit de Woodstock nous fait une démonstration mémorable avec un petit instrument a cordes confectionne manuellement, pour finir sa prestation sur ” Souvenirs, pas cher, achetez"…Plus loin chutes d’eau il y avait bien,mais ou les “gens du voyage"du coin se baignaient allègrement avant de retourner vérifier si leur chachliks ne cramaient pas sur le barbecue….
Nous avons fini notre petite balade au bord d’un cours d’eau glace ou apparemment la boue qui en était extraite avait des vertus très apaisantes pour la peau…Et nous voila ti pas enduis de boue et attendant 20 minutes pour qu’elle sèche…ah la la…que nous avons ri mes amis, que nous avons ri…et notre guide qui ne s’arrêtait pas de parler, qui nous proposait d’aller voir d’autres amas de dolmens ( celui de la femme forte sur lequel il faut méditer dans telle position, les bras en l’air, pour bien commander sa famille, celui la jeune fiancée par lequel il faut absolument passer si on veut se marier dans l’année…)

Décidément en Russie, même les promenades en montagnes ont plus qu’un cote pittoresque…

EPISODE 1 : Y arriver…

Classé dans: 2:39 pm

Aussi exilée que je suis, moi aussi j’ai droit à tous les ponts du mois de mai! Et oui, en Russie plus que jamais, le travail se fête le 1er mai…. ce qui nous permet de faire quelques petites virées la conscience tranquille, sans se dire “franchement, j’abuse j’ai encore loupé une semaine de cours…”
Donc, 4 jours s’offraient à nous comme ça, et il fallait les rentabiliser!!! Direction :la Mer Noire en passant par la case “30 heures de train". C’est ainsi que notre petite troupe, composée de trois françaises, deux américains et un irlandais, est partie chercher le soleil à l’autre bout du pays. Tous excités par cette première grande aventure ferroviaire, le train était à peine parti que nous débouchions déjà le “sovietskoe champagneskoe” et du coup devenions des bêtes curieuses pour les autres passagers, et la bête noire de la responsable du wagon (il parait qu’on peut casser les fenêtres en faisant péter le champagne…si c’était vrai ça nous aurait bien arrangé puisqu’on peut pas les ouvrir ces p…de fenêtres!!!)
Le train ayant quitté Moscou vers les minuits, nous avons du attendre le lendemain matin pour faire connaissance avec nos compagnons de voyage. Le réveil fut un peu rude pour ceux qui ont l’odorat sensible mais on se fond vite dans la masse et on a jamais autant apprécié la présence d’un petit lavabo au bout du wagon.
Je ne me souviens pas si je vous ai tous raconté à quoi ressemblait la troisième classe des trains russes, je veux dire par là, la plus pittoresque, celle ou il n’y pas de compartiment et ou 60 personnes vivent en communauté pendant toute la durée du voyage (ce qui explique certaines odeurs et qui nous fait chercher tous les stratagèmes possibles pour ouvrir les fenêtres .. en vain..). Mais c’est justement parce que nous allions passer deux nuits et une journée dans le train que nous avons choisi cette classe là. C’est vraiment l’occasion de rencontrer les vrais autochtones, comme notre babouchka de voisine, qui a la fin du voyage nous appelait ses petits enfants et nous racontait comment la Russie avait changé depuis la fin du communisme. Les larmes aux yeux, elle nous racontait comment c’était mieux avant et à quel point elle déplorait qu’aujourd’hui tous les russes soient devenus si individualistes.
Notre autre compagnon de voyage était le sosie parfait d’Highlander, moins bavard que notre babouchka, mais tout aussi intrigant. Il nous regardait attentivement, sourire aux lèvres ce qui, jusqu’au bout, nous a fait pense qu’il parlait français ou anglais et qu’il comprenait toutes les moqueries dont il avait été le sujet. Ca restera un mystère…Toujours est il qu’il se moquait aussi bien de nous a chaque arrêt du train puisque nous avions littéralement l’air de faire notre shopping. Il nous regardait aller de babouchka de babouchka sur le quai pour voir ce qu’elles avaient de bon a nous proposer pour les prochaines 4 heures de trajet. En effet a chaque arrêt, les femmes déferlent sur le quai, harcelant les passagers de leurs plateaux garnis de salades, beignets, poissons sèches et autres pâtisseries. C’est l’occasion de renflouer un peu notre garde-manger, de se confectionner un petit apéro digne de ce nom, mais aussi et surtout de pendre l’air et de se sentir un peu moins poisseux…(et oui, le mécanisme d’ouverture des fenêtres est toujours un mystère et ça commence a devenir gênant après 18 heures de voyage! )
Tout le monde reprend place, débouche sa petite bière, ouvre son paquet de cahuètes, découpe son poisson sèche en attendant que le temps passe…Certains le trouve moins long en se rapprochant de notre “box” et en nous demandant de mettre plus fort la musique. Charles Aznavour est apparemment bien apprécié de tout le wagon…Petit a petit, les étrangers que nous sommes passent de “bêtes curieuses” a “compagnons intéressants de voyage” et les regards réprobateurs du début font place a de grands sourires. Certains s’en reviennent pas que des françaises soient dans le même wagon qu’eux et ils appellent leur amis du bout du couloir pour les mettre au courant, honores que nous sachions parler leur langue.
Personnellement je me délecte de cette ambiance, tout le monde est en pantoufle, se balade d’un bout a l’autre du wagon, engage la conversation sur n’importe quel prétexte…Mon expression favorite “c’est du bonheur” est plus que jamais d’actualité. Les américains ne sont pas de cet avis et pensent déjà au retour en vrais compartiments. Ils auraient bien pris une autre nationalité pour ce voyage, ils redoutent les discussions dérivant sur la guerre en Irak.
Mais 30heures dans les trains passent bcp plus vite que l’on ne croit et nous sommes déjà arrives a Novorossisk, port de la Mer Noire, ou maintenant il va falloir trouver de quoi se loger…

Bientôt IRKOUTSK, bientôt le kilomètre 5100, bientôt la fin de 87 heures de train…

Classé dans: 2:37 pm

Les douches existent dans le transsibérien, si, si!!!!!
Si notre dijournaia n’avait pas attendu la la fin du voyage pour devenir aimable et nous divulguer ce secret, cela nous aurait peut être évité de laver les cheveux d’Aurèlie avec des bouteilles d’eau sur le quai et de voir ainsi tous les regards du wagon braques sur nous (genre on a besoin de ça pour se faire remarquer…déjà qu’on est connues jusqu’a l’autre bout du train…)
Avant d’entamer notre dernière nuit dans le train, nous demandons donc a cette charmante hôtesse plus de choc que de charme de nous réveiller le lendemain avant d’arriver a Irkoutsk, et a notre grande perplexité nous obtenons comme réponse : “Vous voulez prendre une douche?". J’aurais bien voulu que quelqu’un prenne nos têtes en photo au moment elle nous a sorti LA phrase, celle dont on rêvait toutes, la nuit en s’endormant poisseuses dans nos draps…
Un OUI franc s’est extirper de nos gorges et nos yeux se sont mis a briller comme jamais, en pensant au bonheur de pouvoir utiliser notre gel douche…
Trente minutes plus tard, un mec était en train de donner des coups de hache et des marteau dans les toilettes du fond du wagon et la dijournaia de nous dire “Voila c’est prêt!!”

Donc oui, le douches existent dans le transsibérien. Il suffit d’avoir un tuyau, une bouteille d’eau percée a son embouchure et hop! les toilettes du fond du wagon se transforment en salle de bains! Je ne veux pas savoir d’ou provenait l’eau du tuyau, certains ont emis une hypothèse sur l’eau des toilettes…je préfère ne pas savoir…
Tout ce que je sais c ‘est que j’aurais paye des fortunes pour prendre une douche et qui plus est une comme celle-ci. Le système fut quelque dangereux parce que ,je sais si vous avez déjà essayé de prendre une douche dans 2metres carres, dans un train en marche, sans vous cogner au lavabo ou la cuvettes des chiots, mais c’est périlleux! Ingénieux mais périlleux…
Décidément les russes sont les rois du système D..

6eme étape: KRASNOYARSK -kilomètre 4100-

Classé dans: 2:37 pm

Station de l’espoir : beaucoup de militaires sont sensés descendre a cet arrêt. L’odeur de bouc fume partira peut être avec eux…
Station des espoirs déçus: peu d’hommes en uniformes nous quittent. Les pires sont encore parmi nous…

Et ils redoublent de ténacité pour engager la conversation avec nous et bizuter, par la même occasion, les petits bleus qui nous entourent.
Un gros sergent moustachu aux bons abdos kronenbourg nous interpelle : ” on m’a dit que vous étiez françaises, c’est vrai?????” Il n’en revient pas et il faudra lui montrer nos passeports pour dissiper ses doutes. Et encore… il part en disant “je vois boire un peu de vodka et je reviens, il faut être bourre pour parler avec vous, c’est tellement incroyable que trois françaises soient dans le même wagon que moi!!!!!”
Bêtes curieuses nous sommes, bêtes curieuses nous resterons!

Apres discussions on comprend mieux la perplexité de nos compagnons de voyage: ils n’avaient jamais vu d’étrangers de leur vie.
D’habitude, les étrangers voyagent en compartiments et ils ne les croisent jamais…Ce qui permet au gros sergent de nous affirmer que l’on fait du Tourisme Extrême. Nous qui croyions justement que nous n’étions pas de vraies aventurières a voyager comme nous le faisons, tranquillou, dans un train couchette et pas sur des bancs en bois comme certains de nos amis le font et l’ont fait en Chine….

5eme étape: NOVOSIBIRSK - kilomètre 3300-

Classé dans: 2:37 pm

Le nez collé a la fenêtre, on parcourt des yeux le paysage et tous ces petits villages, ou plutôt tous ces petits amoncellements de maisons en bois…et c’est toujours la même question : “Mais de quoi les gens peuvent bien vivre ici?”
Prendre le transsibérien nous permet de découvrir la Russie, la vraie. Moscou et St Pétersbourg font vraiment figure d’exception. Tout ce que l’on voit et surtout tout ce que l’on entend n’est qu’une description désolante de la Russie, celle de toutes nos idées reçues selon lesquelles les filles pour s’en sortir n’ont que deux options : mannequinat ou prostitution.

L’histoire de cette famille de Georgiens dont les parents emmènent leurs 5 enfants chez leur grand-mère a Oulan-Oude, avant de partir pendant deux ans chercher une solution dans le Rêve américain; ou celle de ce militaire qui, a peine sorti de ces deux ans de service, repartira dans une semaine pour la taïga en suivant les conseils d’une lettre de sa mère ” Ne reviens pas a la maison, ici il n’y a aucun avenir pour toi, signe et engage toi!"…et bien toutes ces histoires ne nous aident pas a nous endormir et me font sentir un peu honteuse de trouver du plaisir a voyager dans ce train qui pour tous les autres n’est que synonyme de désespoir et mauvais présage pour l’avenir.

4eme étape: OMCK- kilomètre 2700-

Classé dans: 2:36 pm

On ne sait plus quel jour nous sommes ni quelle heure il est…
Il fallait s’y attendre: plus le train s’enfonce dans la Russie, plus les aiguilles de nos montres avancent toutes seules. Comme ça arbitrairement, parce qu’on passe telle ligne imaginaire, il a été décrété que dans ce petit hameau il était encore midi, tandis que la baraque 200m plus loin, il serait déjà 14h…C’est a y perdre tous ses repères, je vous assure! Et Chaque soir c’est le même rituel : la lumière s’éteint deux heures plus tôt que la veille…

On voudrait bien vivre a l’heure locale mais nos petits corps et esprits sont encore trop imprégnés de l’heure de Moscou. D’autant que les choses ne nous sont pas facilitées. Figurez vous que dans les gares ou s’arrête le transsibérien, l’indication de l’heure est restée branchée sur la capitale! Ce qui n’est quand même pas très sympa pour les habitants de ces villes de Sibérie…
En gros, demander l’heure ne sert a rien et devient presque une blague!

Le temps passe et c’est tout.
Et je dirais même qu’il passe vite…Apres concertation, nous réalisons que nous sommes déjà samedi et que dans 1heure nous fêterons nos trois jours dans le train…Même pas eu le temps de lire tous nos bouquins, et du coup un peu dégoûtées de s’être chargées autant!

3eme etape: EKATERINBOURG-kilometre 1800-

Classé dans: 2:36 pm

Bonne nouvelle: Avant d’entamer notre deuxième nuit dans le train, notre wagon se peuple un peu. On commençait a se sentir un peu seules…
Mauvaise nouvelle: C’est une troupe de tous jeunes militaires qui investissent les lieux voyageant depuis un sacre bout de temps si l’on en croit l’odeur que chacun dégage quand il fait son lit…

Ekaterinbourg est un tournant dans notre périple, cette ville marque le début des épisodes “trois françaises, un troupeau de militaires… beaucoup trop de possibilités".
Et oui, parce que non contentes d’être encerclées par une vingtaine de jeunes garçons en treillis, il a fallu que l’une d’entre nous ait la merveilleuse idée de découvrir le wagon restaurant …Et la, au lieu de manger tranquillement un petit borsch, nous nous sommes retrouvées embarquées dans une sorte de “Vodka partie” avec une dizaine de militaires qui, eux, fêtaient la fin de leur service. Et croyez moi qu’il ne nous a pas fallu beaucoup de temps pour comprendre qu’ils venaient de passer deux ans loin de chez eux: la vue d’une fille les émoustillait tant qu’elle leur donnait de grandes envies de “faire connaissance” (texto).
Blague a part, ils furent très corrects quoique un peu oppressants au niveau du remplissage des verres. J’avouerais même qu’ils avaient quelque chose de touchant ces grands gaillards, les aisselles sentant le bouc et les yeux suintant l’alcool, a enchaîner, guitare a la main, toutes leurs chansons de soldat “Elle ne m’a pas attendu", “Je rentre enfin a la maison"…

Si Ekaterinbourg marque un tournant dans notre périple, elle marque aussi le début des ennuis pour nos jeunes militaires de voisins. La promesse de revenir au wagon restaurant sentait tellement l’arnaque que nos nouveaux amis tous frais (enfin façon de parler) sortis du service, nous ont directement rejoins a notre pseudo compartiment et apparemment, ils étaient ravis de voir que nous étions encerclés par des “bleus” .
Ils commençaient par les questions d’usage “vous allez ou?, depuis combien de temps vous êtes dans l’armée?", enchaînaient par réveiller ceux qui dormaient par de tendres coups de pieds aux fesses, se servaient dans leurs réserves de bouffe et ingurgitaient devant leurs yeux leur ration du soir. L’un d’entre eux a du avoir le malheur de dire “heu, la ,vous abusez un peu si je peux me permettre” et il l’a vite regrette quand un poing lui est arrive en pleine joue…

Apres avoir bien fait les fiers, ils revenaient tous contents de leur connerie, et faisaient mine de beaucoup s’intéresser a notre cas. Rassurez-vous, ils n’ont pas réussi a nous piquer notre bouffe et encore moins a nous mettre de coups de pieds aux fesses. Nous avons juste entame un débat sur “la Russie vaut-elle encore le coup et est-elle encore dans le coup ?". Il y avait deux écoles, certains avaient perdu toutes leurs illusions et d’autres y croyaient encore…mais tous étaient interloques que l’on puisse venir de plein gré vivre en Russie .Ils auraient pu débattre encore longtemps si l’effet de la vodka ne commençait a se dissiper. Notre thé ne parvenait pas a les rendre loquaces et avant que l’un d’entre eux nous tombe dessus d’ivresse, ils sont partis trinquer a l’autre bout du wagon…
Tranquilles, au moins jusqu’a demain…

2ème étape: PERM- kilomètre 1400-

Classé dans: 2:35 pm

Première tentative de grasse matinée…c’était trop en demander!
A 9h pétantes, la dijournaia (en gros la responsable du wagon qui fait office de contrôleuse, femme de ménage, épicière et de grosse méchante qui vient faire la police quand on parle trop fort après l’extinction des feux -oui, oui la même qui fut si agréable a notre entrée dans le wagon-), et bien cette dijournaia trouve tout a fait normal de mettre la radio fond les ballons dans chaque semblant de compartiment. Apres étude et débat, je suis persuadée qu’elle fait ça par vengeance parce que, elle, elle a pas dormi de la nuit…Avoir l’âme slave comporte aussi quelques onces de méchanceté, je le savais!!!

Ce n’est qu’au bout du troisième jour que nous découvrirons un petit bouton en haut de cette satanée fenêtre soudée et cloutée, bouton qui s’avèrera être celui du volume.

Pour l’instant nous en sommes a notre premier petit déjeuner et nous nous attablons devant nos tasses de café, pots de confiture, morceaux de pain et de fromage. Hey, hey, on avait tout prévu…L’ami du petit déjeuner avait pense aux envies du matin, sucrées comme salées . Mais le transsibérien avait également prévu le coup puisque qu’un samovar nous propose constamment de l’eau bouillante a toute heure du jour comme de la nuit . On est bien loin de “la compagnie des wagons lits” française qui nous rabat les oreilles de ces sandwichs SNCF tout cellophanes.

On est encore toutes euphoriques, enfin on LE fait, le Transsibérien. Et sans essayer de vouloir convaincre les personnes encore réticentes a l’idée de passer 3 jours dans un train, je vous assure que le temps passe plus vite que l’on ne croit. Une petite sieste, 50 pages d’un bouquin, un petit thé, une grande discussion sur un sujet de fond comme trois filles ensemble en ont le talent, les 50 pages suivantes, un coup d’œil sur le lonely planet pour savoir ce que l’on traverse, et hop, on s’arrête! Même pas le temps de commencer une partie de tarot…

Et qu’est-ce qu’on les attend ces arrêts…je sais pas pourquoi d’ailleurs parce qu’il ne s’y passe rien de spécial mais ils rythment notre petite vie dans le train : “Ouais, plus que trois heures et on arrive a Ekaterinbourg, trop cool!”
Mais c’est vrai que le spectacle des babouchkas se ruant sur nous avec leur sacs de nourriture et nous assaillant de “s’il vous plait madame” -en français dans le texte- a quelque chose d’attachant. On ne manque de rien et pourtant on remontera les bras charges de beignets, chocolats, yaourts et autres cochonneries qui font passer le temps quand on les mange…On va pas non plus se laisser dépérir, non mais!
Et puis, ces arrêts ont vraiment quelque chose de pittoresque : tout le wagon sur le quai, en tongs, marcels et autres vêtements “confort” défiant les plus grands noms de la mode, en train de bailler, fumer une cigarette ou faire ses emplettes pour le lendemain…perso, je me délecte et j’en raffole!!!!!

C’est toujours un plaisir de voir a quel point nous intriguons. Les moins timides osent nous adresser la parole directement en russe, les autres écoutent du bout de l’oreille quel accent on peut bien avoir. Je suis sure que les paris vont bon train sur notre origine et ils auraient bien tort de s’en priver…pour une fois qu’il y a un nouveau jeu dans le transsibérien!
Mais ils ont tous perdu : non, nous ne sommes pas polonaises!!!!

Première étape: MOSCOU -kilomètre zéro-

Classé dans: 2:35 pm

A tous ceux qui ne tarissent pas de remarques cyniques sur la Russie, je répondrai qu’au moins, ici, le système ferroviaire n’est jamais en grève et que les trains partent toujours a l’heure même si l’on embarque pour le bout du monde : la Sibérie et son lac Baïkal. Oui, je vous l’accorde ce n’est pas complètement le bout de la Russie puisque Vladivostok est encore a trois jours de train de ce fameux petit lac, mais ça suffit pour se sentir déjà au milieu de nulle part…croyez moi.

Mais comme vous avez du le comprendre depuis longtemps, rien n’est facile en Russie et il ne suffit pas de claquer des doigts pour se retrouver les doigts de pieds en éventail sur les rives non pas de la Mer Noire, mais du lac Baïkal cette fois-ci. Il ne suffit pas non plus de prendre son mal en patience et de rester bien gentiment assis dans son petit fauteuil confortable de TGV et de débarquer quelques heures plus tard au pied des montagnes…
Non, non il s’agit ni plus ni moins d’assimiler le sens large et démesuré du mot PATIENCE et d’embarquer dans ces illustres wagons “ouverts a toutes les rencontres et odeurs possibles” pour 3 jours 1/2. Et puis il s’agit aussi de subir préalablement a l’embarquement une petite lobotomie du cerveau et notamment de la case “mémoire-option prendre le train en France". Les lettres T, G et V n’existent plus et la vitesse moyenne de croisière de dépassera pas les 70km/h (résultat obtenu après un calcul très ingénieux vous en conviendrez ,mais rassurez vous je ne suis pas devenue matheuse pour autant…la Russie vous transforme mais il y a des limites a tout !!)

Nous voici donc sur le quai du mythique Transsibérien, depuis le temps que j’en rêvais…Mais nous voici aussi, par la même occasion, les cibles de plusieurs remarques désagréables. Trois personnes, françaises de surcroît, qui embarquent ,sourires jusqu’aux oreilles, pour 3jours 1/2 de train ça peut être déconcertant pour des russes, je l’admets. Mais les contrôleuses auraient peut être pu se douter que l’on parlait russe et éviter de regarder nos passeports avec leurs têtes de cerbère et leurs remarques de geôlières:” Mais tu peux me dire ce qu’elles vont faire la-bas, hein, franchement tu peux me le dire? pff…ces étrangers…” Ensuite c’est le tour de notre voisine de lever les yeux au ciel et de pousser de grands cris quand elle apprend qu’on va a Irkoutsk.

Mais ils nous feraient presque peur dis donc!!!!
Heureusement que l’idée de traverser toute la Russie a bord de ce mythique Transsibérien l’emporte sur tous les futurs désagréments du voyage: pas de douche, toilettes a l’aspect “constipant", fenêtres qui ne s’ouvrent toujours pas (et oui, dessolée de vous décevoir mais le transsibérien est un train russe comme les autres), odeurs de fauves et de boucs chaque matin….bref, nous embarquions pour trois jours au royaume de l’hygiène et on en était toutes enthousiastes!

Cuvée sixième : les fonds de verre

Classé dans: 2:32 pm

Je ne saurais pas dire ce qui m’a le plus plu dans cette ville…Les mauvaises langues diront qu’en Serbie mon foie était content de retrouver les sensations de Moscou, les langues de vipères ajouteront que j’étais un peu entourée du « must » en matière de compagnons de voyage, et les langues trop pendues de ceux qui me connaissent bien concluront « ben, Elise, du moment que y’a de la bonne bouffe, elle se sent bien ! »
Et c’est vrai qu’on se sent bien à Belgrade…parce qu’elle nous offre un savoureux cocktail de moments gastronomiques, d’instants plus enivrés que d’autres et de passages culturels. Si, si je vous assure, on n’a pas fait que manger et boire ! ! ! Entre deux cochons grillés et trois verres de schnaps, on a quand même arpenté les rues de Belgrade…un certain canado-alsacien l’a même fait accroché au derrière d’une déneigeuse c’est vous dire ! Et puis, on a déambulé de jour comme de nuit dans la forteresse qui offre un décor grandeur nature pour une partie de « Counter Strike » et je sais que notre ami de Picardie regrette encore qu’on ne l’ait pas suivi dans sa guérilla de boules de neige…Moi, ce que je regrette le plus c’est qu’on ait pas testé la patinoire et sa sono « dance années 90 »…Remarquez, j’aurais eu l’air un peu ridicule à côté des deux canadiens élevés à la crosse de hockey, et ce même si Haddaway et Docteur Alban chantaient dans le fond !
D’ailleurs, côté musique, il faut quand même souligner que les Serbes assurent : comme dans tout pays anciennement socialiste qui se respecte, Belgrade a son marché aux CD piratés mais elle a aussi la musique du film « Zona Zamfirova » et à côté de ça , les BO de Tarantino font limite la tronche! A votre prochain passage dans mon antre du 18ème, vous n’échapperez pas à Ljiljana Butler ou à Boban Markovic et vous pourrez ainsi mieux nous imaginer déambuler dans les rues de Belgrade , hurlant ce qui est désormais notre hymne !…
Et là, vous vous dîtes « Wouah, ils connaissaient les paroles en serbe…trop fort… », mais que nenni mes amis, que nenni…c’était juste du bon et du grand yahourt (comme on dit dans le métier je crois) qui rivalisait outrageusement avec la langue boudin des jadots frère et sœur…Peur du ridicule ? avec mes compagnons de voyage, valait mieux pas…d’ailleurs les expressions des visages à Novi Sad (charmante petite bourgade au nord de la Serbie) hésitaient juste pour savoir en quelle langue leur chanson avait été reprise et nullement ils ne se sont doutés qu’on massacrait leur patrimoine musical…En gros, on a encore des progrès à faire et en serbe, et en chant !

Mais y’a juste une seule fois où nous nous sommes arrêté de chanter : devant les deux immeubles bombardés du centre ville. Belgrade, par l’énergie qu’elle dégage, ne donne pas l’impression d’avoir subi la guerre et d’avoir été détruite plusieurs fois dans son histoire, et pourtant, il reste deux gigantesques immeubles désaffectés en plein centre ville, chacun avec un large trou d’obus dont le diamètre devait bien atteindre les 3 mètres… Impressionnant…mais personne n’a su nous dire pourquoi ces bâtiments n’avaient jamais été reconstruits. Et la perspective d’une reconstruction n’est pas à l’ordre du jour apparemment…comme si on voulait rappeler aux touristes qui trouvent Belgrade et ses belgradois débordant de gaîté et de d’énergie, que tout n’a pas toujours été comme ça…

Voilà, c’est tout ça Belgrade : un shaker de bars, de restos, de musiques, d’heures de bus… et d’Histoire.

La cuvée 2004 est maintenant à sec…
Vivement la prochaine tournée !

Cuvée cinquième : la dernière goutte

Classé dans: 2:31 pm

Au premier coup d’œil, celui qui nous fait parcourir l’effervescence de la gare routière, on se dit bien hâtivement : « Ah ouais, Belgrade, c’est un peu une ville de province russe qui préfère se baigner dans le Danube que dans la Volga… » Ah ouais ? …et ben pas du tout ! mais alors rien à voir…Et après une semaine passée là-bas, c’est limite si j’ai pas honte d’ avoir voulu faire ma maligne à l’arrivée, en comparant l’incomparable.
OK, la forteresse belgradoise cache certes une rangée de chars militaires, ce qui n’est pas sans rappeler l’intérieur du Kremlin de Nijni-Novgorod, mais ça s’arrête là ! ! ! Jamais en Russie, je n’ai eu le bonheur de qualifier une ville de « Royaume des bars » ; jamais en Russie, je n’ai eu la chance qu’on m’explique en anglais, croquis à l’appui, où se trouvait le meilleur disquaire de la ville ; et jamais en Russie, je n’ai vu un tel potentiel de terrasses…

Sans mentir, c’est « de la bombe de balle » cette ville ! Le pub crowl londonien n’a qu’a bien se tenir à côté de la tournée des bars belgradoise ! Jamais plus que quatre pas entre deux portes d’entrée ! - ce qui à mon humble avis n’est qu’une ingénieuse idée pour ne pas se retrouver état d’ébriété avancé sur la voie publique !- Parfois, on a un peu l’impression de rentrer chez des gens sans prévenir tant l’accès qui y mène n’est ni plus ni moins qu’une cage d’escalier…et une fois même, on s’est cru en Russie tant les propos de notre féminine compagnie étaient…quelque peu déconcertants : « I hate chinese people ! Why ? …because they smell of course! ! ! ! » Ah ouais, of course…
Goutte d’eau au milieu des déversements d’hospitalité et de gentillesse dont débordent les Serbes, cette réflexion aura juste coupé net les élans de mes chevronnés séducteurs de camarades…et moi, ça m’aura permis de découvrir d’autres bars bondés, d’autres ambiances effrénées, d’autres alcools frelatés…

Bref, vous l’aurez compris Belgrade ça vous gagne !
Demain, on me dit de déménager là-bas, je cours chez eurolines…
Demain, on vous dit de passer là-bas, croyez-moi, prenez le bus !

Cuvée quatrième : l’ivresse

Classé dans: 2:30 pm

Sacha nous disait « Tu verras, en Serbie l’air est si pur que quand tu dors quatre heures, tu as l’impression d’avoir dormi pendant vingt ans »…Perso, j’arrangerais son dicton en « Tu verras, la Serbie, tu y passes quatre heures et tu as l’impression de vouloir y vivre pendant vingt ans…. » Surtout si l’on passe ces quatre heures au Tsernii Panter….

Ok, je vous l’accorde, pour trouver ce pittoresquissime restaurant, il faut un peu traverser la pénombre d’un bois (si peu engageant que je n’aurais pas été étonnée de voir débouler un exhibitionniste au détour d’une flaque de boue)…mais une fois la porte de cette auberge sur pilotis poussée, c’est toute l’âme de Goran Bregovic et la folie de Kusturica qui vous assaille et vous transporte ! Plus de musiciens que de clients, plus d’instruments que de musiciens…le schnaps était devenu inutile pour se mettre dans l’ambiance. Le patron et sa façon hystérique de taper sur chaque table avec des cuillères suffisait à donner envie de monter sur les bancs …Et je vous assure qu’une petite danse n’est pas de refus après le festival de mets qui défile à chaque tablée !

Je ne savais pas qu’on pouvait cuisiner le porc de tant de façons ; et je savais encore moins que les quatre gentilshommes qui m’accompagnaient pouvaient ingurgiter autant de petites saucisses…Pour le coup, le schnaps retrouve une utilité : la digestion !
Et après cette orgie gustavive, qu’on ne me dise pas que l’expression d’ivresse gastronomique n’existe pas… parce qu’en Serbie, le tourbillon des saveurs culinaires vous enivre vite et vous monte rapidement à la tête! Les noms des plats ne sont pas toujours teintés d’une grande finesse ( devinez juste à quoi peut ressembler un women’s dream…) mais une chose est sure : ce n’est pas l’abondance qui étouffe les Serbes ! Déjà dans le bus, notre désormais vénéré animateur-traducteur Sacha nous avait annoncé la bonne nouvelle : on sera là pour le Noël Orthodoxe et on aura donc droit au légendaire porcelet grillé local…Mais nous n’avons pas pu attendre de le partager avec lui…La providence avait mis sur notre route, quelques jours plus tard, un embroché dodu petit porcelet qui crépitait gaiement à côté d’un agneau et qui ne demandait qu’à finir de rôtir de notre assiette ! Et c’est tout en salivant que nous sommes passés dans l’arrière cuisine pour …se munir d’un tranchoir ! Ben oui, au lieu de nous demander quel morceau nous voulions manger, c’était tellement plus simple de venir le couper nous-mêmes ! ….Zazou a ainsi pu montrer à la petite serveuse qu’il était très habile de ses mains et je suis sûre qu’aujourd’hui encore elle parle à ses copines de ce petit français qui a essayé de l’impressionner en gobant des piments et en raclant le fond des marcs de café…

Ah, mais qui d’entre nous n’aurait pas tenté l’impossible pour succomber aux charmes de la Serbie et de ses autochtones…

Cuvée troisième : la dégustation

Classé dans: 2:30 pm

L’arrivée matinale en terre serbe brise toutes nos illusions : le serbo-croate n’a rien à voir avec le russe…Jusqu’alors en tendant l’oreille, il nous avait été facile de comprendre l’essentiel des interventions microphonées du chauffeur ( paozou, cigarietou, toiliet…) mais quand un passager s’est levé au milieu de l’allée pour faire la quête avec un gobelet en plastique, alors là, oui, le chauffeur avait parlé d’autre chose que d’une pause cigarette et ça nous avait échappé…
Heureusement, l’homme à la glacière bleue, Sacha de son prénom, excelle autant dans l’animation que dans la traduction et nous ne tardons pas à savoir que le contenu fiduciaire du dit-gobelet n’est qu’une façon polie de demander au douanier hongrois : « Auriez-vous l’amabilité s’il vous plaît de ne pas fouiller et démonter l’armature du bus pendant 4 heures, lors de notre passage à la frontière ? merci par avance » ( Avec ça, on est droit de se demander si la Hongrie est une bonne élève de Schengen, n’est ce pas Zazou ?)

Toujours-est-il que grâce à ces petites étrennes, nous arrivons en avance à BELGRAD. J’ai donc le temps de dire au-revoir à mon médecin personnel qui, durant tout le trajet, a eu pitié de ma toux et m’a gavée d’un tube de lisopaïne….Henri, mon acolyte picard, réussit à avoir le numéro de téléphone du sosie de Nikita Mikhalkov (mais est ce qu’on appellera à Créteil, ça c’est une autre histoire…)et Pat, notre compagnon canado-alsacien, prend carrément rendez-vous avec Sacha pour le trajet retour ( aurait-il peur de s’ennuyer sans lui ?)…

Très vite, nous sommes rejoints par Zazou, notre éclaireur parti 4 jours plus tôt, et Sébastien, notre hôte. Et très vite également, on apprend qu’ils ne nous ont pas attendu pour découvrir les joies de l’Ex-Yougoslavie : réveillon à Zagreb, jour de l’an à Ljoubjana, et histoire de finir en apothéose leur crescendo ferroviaire, un petit expresso sur la place St Marc à Venise…(Si eux, ils l’ont pas formé leur jeunesse…)
Bref, pour rattraper notre retard, nous sommes directement mis dans le bain. Les valises à peine posées, la douche presque oubliée, nos premières heures en Serbie nous initient au principal : la Schlivavitsa. Vous connaissez bien la vodka qui réchauffe l’œsophage, vous connaissez mieux l’eau de vie de votre grand-père qui incendie la gorge…et bien oubliez tout ça ! Ici, on boit pas de l’alcool de tapettes ! Ici, on boit du schnaps et quand il est aromatisé à la prune on obtient l’alcool local : la fameuse Schlivavitsa !
Et quoi de mieux pour s’immiscer dans la culture locale que de mettre nos papilles gustatives à l’épreuve des différents arômes du schnaps…Pour cela, c’est très simple, il suffit juste que votre hôte soit légèrement alcoolique sur les bords et qu’il ait dans son bar tout le panel exhaustif des « six serbian schnaps » : pomme, poire, coing, abricot, prune et raisin.
Le but du jeu est lui aussi très simple : on les goûte un par un, on s’imprègne du goût et de l’odeur de chacun, on les note…et là où tout s’enchaîne parce que c’est là qu’intervient l’Ultime Bouteille : celle produite par un autochtone du fin fond de la Voïvodine, celle offerte à notre hôte dans une bouteille de Pepsi…bref, celle dont l’arôme énigmatique est à déterminer par la perspicacité de nos papilles déjà enflammées.
Pour résumer ma performance à cette devinette, vous vous souvenez certainement de la scène des Bronzés font du ski… Si, si, celle où ils sont recueillis par des paysans à coup d’eau de vie et de crapaud séché…et bien vous prenez la tête de Josiane Balasko, mais sept fois de suite ! Les impressions de mes acolytes, elles, oscilleront entre « retour roublard » et « goût de crabe »…

Définitivement, le schnaps c’est pas kloug !

Cuvée deuxième : La gorgée de trop

Classé dans: 2:29 pm

Jusqu’à Strasbourg, l’espoir de pouvoir se vautrer sur deux sièges pendant tout le trajet était encore très vivace. A partir de Strasbourg, le simple espoir d’arriver à fermer les yeux est anéanti …et par un seul homme. Non, notre ami canado-alsacien qui nous attendait patiemment à côté de la cabane eurolines en pré-fabriqué n’est pas la personne en cause…

L’homme à combattre était armé d’une glacière bleue et son arrivée tonitruante sur la banquette du fond va balayer d’un coup tous les efforts d’animation des autres passagers. La poubelle de Maître Kanter et son concert de kling-kling qui en éructe joyeusement à chaque virage fait désormais pâle figure dans notre top five des éclats de rire… C’est tellement plus marrant d’entendre une grosse voix s’esclaffer « PORTABLE » à chaque sonnerie de téléphone et « MESSAGE » à chaque bip-bip…surtout quand le seul téléphone qui émet du bruit est celui du crieur en question…Et puis c’est tellement plus divertissant de regarder les cascades d’Antonio Banderas dans Desperados avec les serbian commentaires : « Ouaaaais, c’est çàaaaa, Jacky Chan ! ! ! !….. » Je vous épargne les leçons de grammaire française et les problèmes rencontrés avec les mots papillon et hirondelle dont la prononciation et l’orthographe resteront un mystère dans le cerveau de notre homme à la glacière bleue.

Mais si je vous épargne les meilleures interventions ( parce que de toute façon vous passerez à côté faute d’avoir pu les entendre en live), imaginez seulement cet instant de pur bonheur : deux heures du mat’, le torticolis est déjà bien avancé et les jambes savamment broyées par le fauteuil de devant trop abaissé, le sommeil commence à vous gagner, vos paupières deviennent lourdes, bref vous êtes sur le point d’enfin vous assoupir parce que vous croyez à un moment de répit de la part de la glacière bleu…et ben, paf ! il vous attaque une nouvelle fois de sa spontanéité verbale et lance à travers tout le bus anesthésié un grand « QU’EST CE QUI SE PASSE DANS L’ESPACE ? » parce qu’on a eu le malheur de s’arrêter un peu trop longtemps à une frontière….

On aurait pu se rendormir instantanément me direz vous, mais ça aurait été sans compter notre membre du Kronenbourg’s club …Hé, hé…fallait pas l’oublier lui parce que c’est particulièrement à ce moment précis qu’il décide de reprendre son rôle de leader dans l’animation routière. Et en seul lâché de bière, il a réussi à regagner le top du classement…A force de cuver ses bières en silence, somnolant sur l’épaule de son voisin, on aurait du se douter qu’il préparait un mauvais coup, et que ce qui devait arriver, allait inévitablement arriver !
Mon ami de Picardie, dans un élan de lucidité, venait de caler son duvet sur ses genoux mais Maître Kanter ne lui a pas laissé le temps de remettre ses chaussures et encore moins celui de lever les pieds…c’est pourquoi après le grand big bang que peut faire une canette de Kro en se ramassant sur le sol d’un bus, l’étanchéité des chaussettes canado-alsaco-picardes fut soumise à une rude épreuve… et trouver le sommeil dans une ambiance de fermentation avancée du houblon relevait carrément d’un des douzes travaux, tant le système de chauffage d’eurolines est high-tech ! Mais comme le coupable l’a si bien résumé : « c’est pas grave, la bière ça mousse ! ! » ? ? ? ? ! ! !….

Autant vous dire que la recommandation de la vendeuse de billets eurolines a pris ici toute sa dimension : « si vous n’avez jamais fait le trajet Paris-Belgrade, vous allez voir c’est folklo ! »

Cuvée première : la mise en bouche

Classé dans: 2:27 pm

Frais et dispos comme un lendemain de réveillon, l’arrivée à la gare routière de Gallieni nous aurait presque fait croire qu’on partait pour un long courrier : comptoirs d’embarquement, tableaux des départs, quais d’embarquement…il ne manquait plus que la voix suave d’une hôtesse air France annonçant « les derniers passagers à destination de Belgrad sont attendus quai 38 » et le leurre était presque parfait…*

Seulement voilà, sur le quai 38 les hôtesses ont été remplacées par trois mastodontes à moustaches et leur faire accepter nos petits sacs à dos au milieu des sacs de manouches à rayures relève du miracle tant leur compréhension du français était…heu, comment dire…inexistante. Ils ont préféré s’occuper en priorité de l’ordinateur en pièces détachées d’une jeune serbe, soit…Mais s’ils avaient su que ce même jeune serbe, endimanché d’un gilet pare-balles, comptait traverser l’Europe muni d’une simple carte d’identité française périmée, et s’il avaient pu prédire qu’il achèterait un gyrophare dans une station service autrichienne , alors là, oui, peut-être qu’il nous aurait été plus facile d’atteindre la soute…

Atteindre nos places fut beaucoup plus aisé et …chaleureux : un moustachu bedonnant nous attendait déjà sur la banquette du fond. Les yeux pétillants et le sourire malicieux, il nous lance un « hum, hum, alors nous sommes voisins… » Passer 26 heures à côté de Nikita Mikhalkov, moi ça me plait !

Mais le voisinage n’a pas tardé à s’agrandir… Le teint violacé et la démarche quelque peu bancale, un nouveau compagnon de route est venu d’avachir à mes côtés, déversant dans son élan de savoureuses effluves de houblon…Mais soyons indulgents, tout le monde n’a pas eu la chance de changer de vêtements depuis le réveillon et ce n’est pas la chemise de mon acolyte picard qui le démentira…

Là où la situation s’aggrave c’est que notre violacé compagnon refuse la tournée générale de café « baize zucker » offert généreusement par le chauffeur. Il est 11 heures du mat’, nous sommes à peine sortis de Paris et il met déjà du crédit sur sa carte de membre au Kronenbourg’s club en tendant une large poignée de pièces de deux euros…Il est 11heures du mat’, nous sommes sortis de Paris et « Maître Kanter » est né !

Classé dans: 12:22 pm

4/25/2005

Le taxi-brousse

Classé dans: 11:09 am

¤ Le taxi-brousse…

Dimanche 17 avril, je devais effectuer le voyage Nouakchott-Adar en taxi brousse, pour une distance d’environ 450 km, quelle aventure !! ( oui Maman je t’ai menti, désolée… mais si je t’avais dit que je voyageais seule, tu en aurais été malade pendant trois jours…)

Le matin, je me lève tôt, vers 7h30, le temps de me doucher et de terminer mes sacs. Je dis bien mes sacs, car même si je laisse quelques affaires à Nouakchott, je pars tout de même pour un mois, donc il me faut le gros sac à dos militaire, le sac de travail (ordi, chargeurs en tout genre, cahiers, livres, questionnaires…) et mon gros sac à main. Je suis donc chargée comme une mule et je demande au petit frère de Sina de m’aider à porter tout mon bardas jusqu’au goudron (c’est-à-dire la route goudronnée sur laquelle je vais pouvoir trouver un taxi). C’est à partir de ce moment que tout commence réellement.

Je trouve donc un taxi qui me conduit au garage d’Atar (c’est ainsi que se nomme l’endroit d’où partent toutes les voitures en direction d’Atar, il y a plusieurs « garages » à Nouakchott avec des taxis brousse qui desservent les différentes villes du pays). J’arrive donc au garage vers 8h45, et là, à peine la porte ouverte, pleins d’hommes se jettent sur moi « il me reste deux places dans ma voiture », « 3000 pour le 4X4 », « viens dans ma voiture »… je choisis de prendre la proposition du premier chauffeur et les autres partent immédiatement ! Le voyage me revient à 5000 ouguiyas (soit environ 15 euros) ce qui est certainement plus cher que le prix local mais comme je suis une étrangère, je ne peux trop rien dire….

Je paie, je donne mes bagages et on me dit d’aller m’asseoir un peu plus loin. Je rencontre des mauresques, on dialogue comme on peut, d’autres hommes se joignent à la conversation, traduisent un peu nos propos… Ils veulent tous savoir ce que je fais, pourquoi je voyage etc etc… On papote pour faire passer le temps, et bien sûr on attend le départ.

Lorsque nous sommes sur le point de partir, on est une quinzaine à papoter, quand quelqu’un me traduit que celui qui est au fond veut m’épouser.

Il ne m’a pas fallu porter de lunettes pour voir qu’il souffrait de quelques problèmes dentaires et sa peau syphilitique était bien peu ragoutante, j’ai donc du refuser l’offre !! Tout le monde rigolait sans s’arrêter (comme s’ils s’attendaient à une autre réponse !!), et j’ai alors appris une coutume que je ne connaissais pas jusqu’alors, c’est que lorsqu’une femme refuse une demande en mariage, celui qui en a fait la demande doit lui donner 70 ouguiyas, le prétendeur a donc du me donner en public l’argent ce qui a une fois de plus bien fait rire tout le monde !!

A 10h15 on annonce enfin le départ de ma voiture…….. Sauf que…….. elle ne démarre pas… Quelques hommes poussent l’engin quand enfin un nuage noir annonce le départ du véhicule… Maintenant que le moteur a démarré, il serait mal venu de l’éteindre…
Nous partons donc, le conducteur (le volant est à droite, bizarre…), deux hommes assis sur le siège avant et les quatre femmes à l’arrière. Je rappelle toutefois que les Mauresques ont une légère (très légère…) tendance à l’embonpoint, et que j’étais du coup coincée contre la fenêtre dans une position plus qu’inconfortable…

Tout le monde a donc réussi à s’asseoir dans la voiture, le moteur a démarré, on part. Mais il faut faire le plein. Et là, c’est l’hallu… Comme on ne peut pas couper le moteur sous peine de ne pas redémarrer, on le fait en laissant le contact allumé, je n’avais jamais vu ça… Et même chose pour la pression des pneus…

Nous avons enfin pu prendre la route après tous ces préparatifs. C’est rigolo le taxi brousse parce qu’avec une telle promiscuité et de nombreuses heures passées ensemble, les gens papotent ; on parle de tout et de rien. Eux parlent surtout en hassaniya (j’essaie de saisir un mot ou deux deci-dela… pas facile). A côté de moi, il y avait une jeune collégienne qui parlait un peu français et du coup on a pu converser entre deux siestes.

A environ mi-parcours, on s’arrête à Akjoujt (c’est la seule ville qu’on croise pendant le trajet), il est l’heure de déjeuner. Quelques voitures de Nouakchott arrivent aussi mais nous mangeons par groupe de voiture seulement. Nous buvons le zrig (que je bois tous les jours en ce moment avant chaque repas pratiquement…), c’est un mélange de lait, d’eau et de sucre, servi dans une grande calebasse, c’est assez désaltérant. Ensuite, nous mangeons un plat de viande (chèvre ou mouton, je sais pas, j’arrive jamais à faire la différence), que le chauffeur avait préalablement choisi sur la carcasse fraichement abattue qui pendait à l’entrée de l’auberge. Un petit thé, la prière pour ces messieurs dames et il est temps de repartir, il nous reste encore beaucoup de route !
On se resserre dans la voiture et on se remet à papoter pour faire non seulement passer le temps mais aussi pour oublier qu’on est serrés comme des sardines… Mais j’ai aperçu des voitures parfois bien pires que la nôtre où certains voyageurs devaient se mettre dans le coffre faute de place sur les banquettes !! Je ne peux donc pas me plaindre de mon sort !!

Vu la charge de la voiture mais également son âge avancé, nous ne dépassons pas le 80km/h ; nous sommes donc arrivés vers 18H30 à Atar. Un vrai bonheur que de se dégourdir enfin les jambes !!!! Je prends un taxi pour rejoindre ma nouvelle famille et arrive enfin dans la maison de Fadala, chez qui je vais rester pendant deux semaines. C’est une famille très modeste mais elle s’est vraiment pliée en quatre pour mon arrivée. Elle me laisse une chambre, m’a acheté des draps et une couette neuve le matin même… Elle est vraiment très gentille ! Et pour ce qui est des transports, le 1° mai prochain, je quitte Atar pour me rendre à Nouadhibou. Pour cela, je dois prendre un taxi brousse jusqu’à Choum ( c’est à environ 100 km) puis le train le plus long du monde (environ 250 wagons je crois) mais également le plus lent du monde… (12h pour environ 400 km…) ; je pense qu’un mail s’imposera après ce périple !!

4/11/2005

Arrivée à Nouakchott

Classé dans: 10:58 am

Ca fait des mois qu’on en parle, nous y voilà… Ou plutôt m’y voilà puisque je suis arrivée dimanche dernier à Nouakchott, capitale de la Mauritanie.

Dès l’ouverture des portes de l’avion j’ai su que j’étais bien de retour, il y a comme une odeur attachée à cette ville. Non pas une odeur désagréable, mais un mélange d’épices, de sable et de chaleur moite. C’est le parfum Nouakchottois !

En quelques minutes j’ai retrouvé mes marques, mes amis, ces rues à la circulation chaotique, ce rythme différent du temps qui passe.
La boule au ventre qui me serrait à Paris s’est envolée, je suis bien de retour, et pour trois mois.

Je ne suis pas ici dans une perspective touristique (bien que chaque jour soit une découverte culturelle toujours très riche), mais pour réaliser une enquête sur l’école mauritanienne. Vaste projet certes… mais que je vais tenter de faire au maximum !

Plutôt que de vous raconter linéairement mon séjour, je me propose de vous faire découvrir (et que je découvre bien souvent moi-même au fil des jours…) ce pays par mots-clés. Ces quelques mots sont loin de couvrir tout le panorama mauritanien mais ils vous donneront quelques éclairages, historiques, pittoresques ou encore climatiques.

¤ Aéroport :

C’est un des lieux les plus cosmopolites de la ville… On est plongés dans l’ambiance dès qu’on y pose le pied. La vérification des passeports est plus ou moins minutieuse selon, et la tête du passager, et l’humeur du douanier… Lors de mon dernier séjour, j’avais eu droit à un petit interrogatoire, cette fois ci, un tampon a clos l’affaire… Ensuite, récupérer son bagage est une véritable course contre la montre… Des porteurs se précipitent pour être les premiers à avoir vos tickets d’enregistrements des bagages…

Depuis peu, l’accès à l’aéroport est interdit après 21h. Autant vous dire que les familles et amis qui attendent des passagers sont entassés derrière la porte, agglutinés les uns aux autres… Seuls quelques privilégiés, ayant soudoyé le gardien de la porte, peuvent attendre tranquillement dans le hall.
Des vols réguliers internationaux et nationaux circulent tous les jours. Il reste à noter cependant que les vols nationaux sont souvent beaucoup plus pittoresques que les vols internationaux.

¤ Ethnies :

Il existe en Mauritanie plusieurs ethnies, de langues et de cultures différentes. Deux grands ensembles se détachent : l’ensemble maure et l’ensemble négro-africain, lui-même composé de peuls, wolofs et soninkés. Chaque groupe a sa propre langue et des spécificités culturelles. Les groupes se fréquentent peu entre eux et une méfiance réciproque est de rigueur… Etant française, je suis acceptée partout. Mais dans chaque famille que je visite, les mêmes questions reviennent « chez qui dors tu ? », et, pour peu que ce soit dans une ethnie différente de la leur, certains le critiquent ouvertement « pourquoi ne viens-tu pas chez moi ? tu seras mieux ! » ; d’autres ne disent rien mais font une moue qui en dit long…
Parait-il qu’une mixité se développe de plus en plus à l’école, dans les bureaux et autres lieux publics. Une radio pour les jeunes est même diffusée dans toutes les langues du pays avec des musiques maures, peules, wolofs… Cela dit, les mariages mixtes restent encore extrêmement rares… preuve d’un cloisonnement encore bien ancré.

¤ Point chaud

Il ne suffit pas d’être en Mauritanie pour rencontrer facilement des Mauritaniens… Le téléphone portable est ici (comme ailleurs me direz vous !) l’outil indispensable pour joindre et être joignable en permanence !!! Pour ce faire, il existe un quartier à Nouakchott appelé « Point Chaud », où l’on peut trouver tous les modèles de téléphonie, les cartes à puce etc… Autant vous dire que ces quelques mètres carrés de boutiques, souvent minuscules, sont remplis de monde. Les vendeurs sont les uns sur les autres et une blanche au milieu de ce tumulte est vite remarquée… Il vaut mieux venir accompagné d’un connaisseur local qui peut négocier pour vous le décodage de votre téléphone ainsi que la carte à puce tant attendus… On passe de vendeur en vendeur, de petite rue en petite rue, pour parler au calme, on ne négocie pas devant tout le monde….
Mais au final, après de nombreuses tractractions…ça y est, on est enfin relié au monde mauritanien… !

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