Mission: INSPECTION
Coucou tout le monde !
Je suis de retour à Nouadhibou ! Et oui, de mercredi à dimanche, j’ai réussi après maintes tractations à avoir l’autorisation d’accompagner une mission d’inspection des écoles fondamentales en brousse. 5 jours, 10 écoles inspectées, plus de 1200 km (et pas sur du goudron, ce serait trop facile sinon !!) ; bref, j’étais super naze hier soir en rentrant mais ça valait vraiment le déplacement !
Jusqu’à présent, je n’avais travaillé que sur des écoles urbaines ou quelquefois en périphérie proche des agglomérations, je ne pouvais pas voir les écoles rurales car elles sont vraiment trop éloignées et il n’y a quasiment pas de moyens de transport pour s’y rendre. Et je crois que j’ai eu de la chance de pouvoir accompagner cette mission d’inspection… Les écoles de brousse sont vraiment autre chose…
Entre l’absentéisme des profs et celui des élèves, l’éducation nationale mauritanienne a du travail… Il faut dire que ce sont des régions souvent très austères. Quand certains profs apprennent leur affectation en début d’année, ils ne s’y rendent même pas, quitte à être radiés de l’éducation nationale. Du coup, dans certaines écoles, on ne trouve parfois qu’un enseignant sur les trois prévus initialement, devant assurer toutes les classes, l’enseignement en français et en arabe, même s’il ne parle pratiquement pas une de ces deux langues… Quant aux enfants, sur le littoral par exemple où les habitants ne vivent que de la pêche, nombre de parents préfèrent les savoir en mer qu’à l’école. Bref, c’est un sacré bricolage parfois… Sans parler de la vétusteté de certaines salles de classe où il n’y ni bancs ni tables, un matériel pédagogique inexistant etc etc…
Du coup, avec ma petite équipe, nous étions là pour relever les instits absents, donner règles, équerres, craie ou manuels aux écoles n’en ayant pas ; mais aussi vérifier le registre des élèves inscrits, les cahiers de préparation des instits, assister à un cours pour l’inspection pédagogique… C’était vraiment très intéressant, tant du point de vue des écoles, des paysages, des habitants, des gens avec qui je suis partie etc etc. De plus, la manière d’inspecter m’a fait sourire a plusieurs reprises… Entre l’inspecteur qui n’écoute pas vraiment le cours parce qu’il remplit ses papiers administratifs, qui ne regarde même pas les cahiers des élèves, qui interrompt 25 fois l’instit pour lui demander son numéro de matricule, combien d’élèves sont inscrits dans cette section, quelle formation il a eu…( comme si c’était le moment…) ou alors les enfants qu’on rassemble en dehors des heures de classe ou le dimanche pour improviser un cours car on ne peut pas rester plus longtemps dans un village. J’imagine la tête des parents d’élèves français si on appelait leurs enfants le dimanche midi pour faire un cours surprise puisqu’il y a inspection !
Je suis toujours aussi ébahie devant l’hospitalité mauritanienne, nous avons passé quatre nuit chez des personnes que nous ne connaissions pas toujours. Je crois que la nuit la plus agréable a été celle de vendredi soir. Il nous restait 200 km à parcourir avant de rejoindre la prochaine étape, nous étions en plein désert et il allait faire nuit. Nous avons vu deux tentes et c’est tout naturellement que nous sommes allés leur demander si nous pouvions rester chez eux. C’était une petite famille d’éleveurs, à la tombée de la nuit, les bêtes et les bergers sont revenus, ils ont des chameaux, des chèvres et des moutons. Ils nous ont reçu comme des rois, ils voulaient qu’on reste plus longtemps. Ils voulaient que je passe quelques jours avec eux, m’apprendre à faire du chameau et tout et tout. (l’idée ne m’aurait pas déplu si nous n’avions pas été si pressés par nos contraintes de temps ! nous devions rentrer au plus tard le dimanche soir car notre chauffeur repartait lundi matin avec le préfet).En tout cas, c’est vraiment hallucinant ! Ces gens ont une vie hors du temps ; pour l’instant ils restent au milieu de nulle part pendant quelques mois puis ils déplaceront leur tentes pour aller se poser ailleurs pour une durée indéterminée. Ils ne parlent pas un mot de français, les enfants ne sont biensûr pas scolarisés puisque l’école la plus proche est à une centaine de kilomètres. Mais ils sont heureux, ils ne quitteraient pour rien au monde leur désert et leurs bêtes, c’est pas joli tout ça ??!!
Pour les gastronomes, sachez que j’ai eu le temps de goûter toutes les spécialités de la région, avec en prime position le lait…. frais, pur ou mélangé avec de l’eau et du sucre, de chamelle ou de chèvre… on en boit du matin au soir, au réveil, quand on arrive chez quelqu’un, avant le repas, le soir…. Je pense que notre consommation devait être de deux litres par jour et par personne… Mais avec la chaleur, on s’habitue très vite à ce breuvage qui j’avoue est très désaltérant !! Seconde position, la viande… Ce n’est qu’au troisième repas que j’ai compris que l’immense plat de viande qu’on nous servait ne faisait office que de casse-croute et qu’il valait mieux se ménager pour le couscous ou les pates qui suivaient une demi-heure plus tard… Je préfère tout de même la viande grillée façon méchouie que bouillie façon ragout ; mais bon les deux se mangent sans problème ! Et le troisième grand favori, le thé, qu’on boit entre deux verres de lait, avec un bout de viande dans l’autre main, au réveil, avant de dormir…. C’est toujours tout un rituel pour la préparation, entre les trois séries, la mousse qu’il faut faire au fond des verres, laver 14 fois la théière, mettre sucre, menthe, re-rajouter de l’eau parce que c’est trop fort, re-réchauffer parce qu’on a trop parlé et que ça a tiédi un peu… PPPffff ; je trouve que c’est vraiment fatigant pour celui qui fait le thé et préfère le déguster plutôt que de le préparer… Et même si en théorie j’ai bien observé toutes les opérations, je m’en sors toujours quand on me demande si je sais préparer ce nectar si prisé ici « moi ???!!! ohhhh nonnnnnnnnn je sais pas faire !!!!!! je voudrais pas le rater……….. »
Enfin, voilà, sinon entre les écoles et la nourriture, notre grand copain durant cette mission a été le 4x4 puisqu’on y a passé une grande partie de nos journées… A la base, un coopérant français devait faire les trois premiers jours de la mission avec nous, mais dès le second jour au matin, malgré son 4X4 beaucoup plus perfectionné que celui des Mauritaniens, son véhicule est tombé en panne au milieu du sable et heureusement que nous étions à deux voitures ainsi nous avons pu le remorquer jusqu’au village suivant et après il s’est fait remorquer jusqu’à Nouakchott. Mais sincèrement, je ne ferais pas un tel parcours sans un chauffeur expérimenté car on a tout de même fait 300 km de désert à travers lesquels on n’a croisé aucun véhicule. C’est pas l’autoroute dans le sud de la France fin juillet ou le périph le dimanche soir à Paris, ça c’est sûr !!!
Je ne sais pas comment ils font pour rouler sur des terrains aussi vilains… Une seule chose est certaine, notre vieux 4x4 n’avait plus de suspension , j’ai eu beau me cramponner comme je pouvais, ça n’a pas empêché ma tête de se cogner plusieurs fois contre le toit de la voiture….
En tout cas, c’était vraiment très sympa et je suis vraiment contente d’avoir pu me joindre à cette mission d’inspection. Du coup, j’ai retardé mon retour à Nouakchott, je pense rentrer jeudi car il me reste encore quelques écoles à visiter et quelques profs à voir à Nouadhibou.
J’attends impatiemment de vos nouvelles et vous embrasse tous !
A bientôt.
Aurélie .
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